La Parole
Poétique

PUISSANCE ET FRAGILITÉ
DE LA PAROLE POÉTIQUE

Journées

THEME

PUISSANCE ET FRAGILITÉ
DE LA PAROLE POÉTIQUE

Organisé par le Centre Sèvres, faculté Jésuites, et la Communauté du Chemin Neuf.
Le week-end prévu aura lieu sous la forme d’une après-midi en visio-conférence au vu de la situation sanitaire.

Enseignant :
J-P. Lemaire, poète et prof. de lettres, Paris, Grand Prix de l’Académie Francaise

15h-16h30 – Conférence, Echange avec Jean-Pierre LEMAIRE
16h45-18h – Récital poétique et musical avec Marina POYDENOT, Paul GUILLON, François CLAIRAMBAULT, François-Xavier MAIGRE

La parole poétique est fragile. Elle ne s’impose immédiatement ni par l’image ni par le son. Aussi se retrouve-t-elle marginalisée dans notre monde saturé de messages sonores et visuels. Sa force est l’envers de cette faiblesse : si elle nous touche, c’est par la seule justesse d’une parole qui suscite un écho direct chez le lecteur. Sa voix toujours singulière nous accompagne comme une amitié.
La fragilité de la poésie vient cependant de causes plus essentielles que celles qui tiennent à notre environnement. A l’origine de la vocation poétique (qui s’éveille souvent à l’adolescence), on trouve fréquemment une incertitude, un manque : sentiment poignant de la contingence et de l’énigme de la vie, déception amoureuse (Neruda), expérience de l’exil (Du Bellay, Hugo). Le poète débutant prend aussi conscience de la fragilité de sa « voix » propre par rapport à celle de ses grands aînés, et il lui revient d’y consentir : l’authenticité est à ce prix. Enfin, le «je » poétique, ainsi désarmé, sera plus réceptif aux sollicitations du monde sensible, aux signes qui viennent des personnes et des choses cantonnées dans les « marges du jour » . Sous tous ces aspects, la fragilité poétique est celle du grain de sénevé de la parabole évangélique : le poème s’écrit souvent à partir de ce qui passe inaperçu.
La force de la parole poétique, elle, réside dans sa capacité à parler directement à notre coeur, comme le font certains vers inoubliables de Villon, Hugo, Verlaine, Apollinaire… Elle nous donne aussi accès à un centre invisible où sont associés, par l’image, les contraires fondamentaux : « dehors et dedans, haut et bas, lumière et obscurité, illimité et limite » (Philippe Jaccottet). Quand Reverdy compare les hirondelles à des ancres qui volent, il fait communiquer le ciel et la mer, l’altitude et la profondeur. Enfin la poésie est peut-être la seule à tenter, dans l’ordre du langage, une approche de ce dont on ne peut parler : le mystère. Elle le fait respectueusement, en remettant ses pouvoirs en question, en avançant « à pas légers » (Jacques Réda). Sa fragilité même lui est alors une aide, et il arrive parfois que le Mystère vienne à sa rencontre, descende humblement dans ses mots : le poète vit alors « en état d’annonciation » (Gilles Baudry).

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