Année pour Dieu ? Le Père Vincent Breynaert, directeur du Service national de la pastorale des jeunes et des vocations (SNEJV) et prêtre de la Communauté du Chemin Neuf, est venu à Hautecombe Discipleship School pour enseigner pendant une semaine sur l’Histoire de l’Église.
À cette occasion, on a profité de sa présence pour lui demander “pourquoi faire une année pour Dieu” ?

Je vais retenir 3 raisons qui aujourd’hui me semblent tellement importantes et qui reprennent aussi les invitations du Pape François dans l’exhortation qu’il adresse à tous les jeunes Christus Vivit.

L’espérance des jeunes chrétiens

La première raison, c’est de pouvoir rendre compte de l’Espérance qui est en nous et de connaître cette espérance, de connaître la foi qui nous structure. La première raison d’une année pour Dieu, c’est de prendre du temps pour connaître Dieu, pour se former en particulier autour de la parole de Dieu. Pour la plupart d’entre nous, nous avons la chance de nous former à l’université pendant 2, 3, 5 voire 7 ans parfois, et nous apprenons des choses passionnantes qui vont nous servir pour toute la vie. A combien plus forte raison est-il nécessaire de connaître la parole de Dieu, de connaître notre foi, de connaître des éléments de notre théologie, de connaître notre histoire dans l’Église. Très souvent nous nous rendons compte, comme jeunes chrétiens adultes, que nous sommes parfois ignares sur tel ou tel élément de la parole de Dieu, de notre foi. Prendre une année pour Dieu, c’est prendre un authentique moment de formation humaine, intellectuelle en découvrant davantage la richesse de la parole de Dieu et de notre tradition.

Se poser les bonnes questions pendant une année pour Dieu


Une deuxième raison qui me semble tellement importante aussi, en un moment parfois d’accéleration de notre vie, c’est l’espace pour se poser les bonnes questions pour notre vie. Le Pape François nous dit qu’il y a un risque parfois de vivre à la superficie de nous-même ; de vivre en laissant s’enchaîner les évènements, les relations et puis progressivement la vie se déroule mais nous n’avons pas pris le temps de réfléchir authentiquement à soi-même, à ce que l’on veut, à écouter ses désirs, et à répondre à notre vocation profonde.

Prendre une année pour Dieu, c’est un espace d’intériorité et de gratuite où nous avons le temps de réfléchir à la lumière de la parole de Dieu, à ce que nous voulons faire de notre vie. Jean Paul II disait que la jeunesse, c’est ce moment où l’on va poser des choix qui orienteront tout le reste de notre vie.

Et cela vaut le coup de prendre quelque mois, un an pour se mettre dans la prière, à l’écoute de cette voix qui travaille au fond de nous… Très souvent dans une vie quotidienne d’étudiant, de jeune professionnel, on n’a pas le temps ! On est pris par la succession des activités, des évènements qui s’enchaînent ; dans une année pour Dieu, tout d’un coup on a du temps pour prier, pour réfléchir, pour lire et pour écouter la volonté de Dieu.

La vie fraternelle pendant une année pour Dieu


La troisième raison c’est le sentier de la vie fraternelle. On n’est jamais chrétien tout seul et on l’expérimente sans doute d’autant plus aujourd’hui. Nous avons besoin de lier de bonnes amitiés avec d’autres, et dans la relation fraternelle on découvre davantage qui on est. Une année pour Dieu, ce n’est pas une année d’ermite !

C’est une année où l’on chemine avec d’autres chrétiens, d’autres disciples qui vont aussi permettre à chacun d’entre nous de découvrir qui l’on est, c’est une expérience de vie fraternelle, de don de soi, de partage, de transparence, de réconciliation et d’acceptation aussi de l’autre dans ses différences, parfois dans un chemin confessionnel différent, et ainsi ensemble on approche vers davantage de vérité et aussi d’élan missionnaire.

Pour terminer, faire une année pour Dieu c’est devenir authentiquement ces disciples missionnaires dont le Christ a besoin pour annoncer au monde sa Bonne Nouvelle. Tu veux annoncer aux autres, dans ta famille, auprès de tes amis la grâce de l’Evangile ? Alors prends du temps pour te former, pour écouter la parole de Dieu qui travaille dans ton cœur et prends du temps déjà pour la partager avec d’autres jeunes avec lesquels tu vas te confronter.

Et puis tu ne deviendras non pas bureaucrate, mais un missionnaire passionné, dévoré par le désir de transmettre la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Alors n’hésite pas à réfléchir à cette année que tu pourrais prendre. Dans d’autres cultures, d’autres pays, parfois d’autres confessions c’est beaucoup plus habituel. Je trouve que pour nous, en particulier en France, on devrait beaucoup plus facilement réussir a dégager du temps, c’est nécessaire, c’est bon, et ça porte beaucoup de fruits.

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